Prediche sopra Giobbe.
Edizione nazionale delle opere di Girolamo Savonarola, Roma, Angelo Belardetti Editore
Présentation
Le contexte
Dans le sermon sur les Psaumes prononcé le 25 janvier 1495, Savonarole avait annoncé qu’il renonçait à s’occuper de l’État et qu’il se rendait à Lucques. En réalité, après avoir certes gardé le silence tout au long du mois de février, il recommence à prêcher à Florence, mais sur Job, du 1er mars au 24 avril 1495.
À partir du 19 mars, un citoyen condamné par la Seigneurie à la confiscation de ses biens, au bannissement ou la mort, bénéficie désormais du droit de faire appel de cette décision, conformément à ce que préconisait Savonarole. Alors que le 31 mars Milan, Venise, le pape, l’empereur Maximilien et le roi d’Espagne concluent une ligue contre le roi de France Charles VIII, Florence s’abstient, Savonarole proclamant qu’il ne faut faire « de ligue qu’avec le Christ ».
Transmission des sermons et tradition éditoriale
L’édition de ces sermons parue à Venise en 1545 chez Niccolò Bascarini s’ouvre sur une lettre d’un traducteur anonyme qui explique qu’« <…> on a récemment retrouvé et conservé, grâce au soin et à la diligence d’un serviteur de Dieu, fervent religieux, deux petits livrets de sermons du révérend père Jérôme Savonarole de Ferrare, faits à Florence en 1494 et 1495 <…>. À l’origine, ces deux livrets ont été écrits par deux frères et disciples de ce père, en latin, parce qu’ils sont des lettrés et peut-être parce qu’ils voulaient en tirer davantage de satisfaction, et ils ont été recueillis alors sur le vif tandis que le prédicateur parlait. Et l’un d’entre eux contient 23 sermons sur le reste et la fin de l’Arche qu’il avait prêchée auparavant, et l’autre en contient quarante-sept, qui suivent les précédents, sur Job. Comme ces sermons m’avaient été confiés par ce religieux, son ami, et qu’il m’avait beaucoup exhorté à les traduire du latin en notre langue vulgaire, comme à la vérité ils furent dits et prêchés au début, et comme je les ai lus et relus plusieurs fois et qu’il m’a semblé que, de tous les sermons de ce révérend père, ceux-ci étaient les plus représentatifs du bien vivre chrétien et qu’ils incitaient à l’amour de la vie future davantage que tous ses autres sermons, et comme j’ai considéré qu’ils pouvaient être utiles et réconfortants pour leurs pieux lecteurs, je les ai volontiers traduits fidèlement à partir des originaux ». (Voir le texte original publié dans Gian Carlo Garfagnini, « Ser Lorenzo Violi e le prediche del Savonarola » dans Dal pulpito alla navata. La predicazione medievale nella sua recezione da parte degli ascoltatori (secc. XIII-XIV), Convegno Internazionale di Storia Religiosa in memoria di Zelina Zafarana, Medioevo e Rinascimento. Annuario del Dipartimento di Studi sul Medioevo e il Rinascimento dell’Università di Firenze, III, 1989), Florence, Olschki, 1989, p. 283, p. 273.)
L’indication selon laquelle les « deux livrets ont été écrits […] en latin » peut prêter à confusion parce qu’elle laisse entendre que deux auditeurs des sermons de 1494 et 1495 auraient pris des notes en latin à partir de sermons prononcés en vulgaire. En réalité, elle confirme l’hypothèse de Gian Carlo Garfagnini quant à l’identité de ce « traducteur ». Il s’agirait du notaire Lorenzo Violi, qui a travaillé en langue vulgaire à partir non pas de notes prises sur le vif, mais à partir des schémas autographes latins écrits par Savonarole. Violi étant un fervent auditeur de Savonarole, puisqu’il a pris en notes les autres cycles de sermons, soit « en substance » (Sermons sur les Psaumes et sur Ézéchiel), soit « de verbo ad verbum » (Sermons sur Amos et Zacharie, sur Ruth et Michée et sur l’Exode), le notaire avait l’expérience et les compétences nécessaires pour s’acquitter de cette tâche (sur ces questions, voir la présentation des autres cycles de sermons).
Nous suivons ici le texte établi et publié en 1957 par Roberto Ridolfi qui décrit son travail philologique dans le volume II de l’édition papier à laquelle nous renvoyons.
Signification du texte biblique commenté par Savonarole
La figure de Job, cet homme qui est capable de faire confiance à Dieu quelles que soient les circonstances, permet au dominicain de mettre en garde les Florentins contre la tentation de se détourner de Dieu dans l’affliction et de « montrer que Dieu prend le plus grand soin des choses humaines », comme il le dit dans le sermon VI. Savonarole lui-même nous invite à cette interprétation, lui qui dans le sermon XXIX sur Amos et Zaccharie rapprochera explicititement la situation florentine de la Bible, lorsqu’il dit : « Parfois les tribulations arrivent pour manifester la gloire de Dieu, comme l’ont fait les tribulations de Job. De la même façon toi, Florence, tu n’aurais pas connu la bonté de Dieu, sa miséricorde et sa justice s’il n’y avait pas eu les tribulations pour lesquelles la gloire de Dieu s’est manifestée en toi ». Le livre de Job peut également faire écho à sa propre situation : il pourrait se laisser aller au découragement face à la « guerre spirituelle » qu’il doit mener contre les « tièdes », ces mauvais religieux auxquels il commence à faire souvent allusion.
volume 1, A cura di Roberto Ridolfi - 1957
- Sermon 1 – 1er mars 1495
- Sermon 2 – 4 mars 1495
- Sermon 3 – 5 mars 1495
- Sermon 4 – 6 mars 1495
- Sermon 5 – 7 mars 1495
- Sermon 6 – 8 mars 1495
- Sermon 7 – 9 mars 1495
- Sermon 8 – 10 mars 1495
- Sermon 9 – 11 mars 1495
- Sermon 10 – 12 mars 1495
- Sermon 11 – 13 mars 1495
- Sermon 12 – 14 mars 1495
- Sermon 13 – 15 mars 1495
- Sermon 14 – 16 mars 1495
- Sermon 15 – 17 mars 1495
- Sermon 16 – 18 mars 1495
- Sermon 17 – 19 mars 1495
- Sermon 18 – 20 mars 1495
- Sermon 19 – 21 mars 1495
- Sermon 20 – 22 mars 1495
- Sermon 21 – 23 mars 1495
- Sermon 22 – 24 mars 1495
- Sermon 23 – 25 mars 1495
- Sermon 24 – 26 mars 1495
Volume 2, A cura di Roberto Ridolfi - 1957
- Sermon 25 – 27 mars 1495
- Sermon 26 – 28 mars 1495
- Sermon 27 – 29 mars 1495
- Sermon 28 – 30 mars 1495
- Sermon 30 – 1er avril 1495
- Sermon 31 – 2 avril 1495
- Sermon 32 – 3 avril 1495
- Sermon 33 – 4 avril 1495
- Sermon 34 – 5 avril 1495
- Sermon 35 – 6 avril 1495
- Sermon 36 – 7 avril 1495
- Sermon 37 – 8 avril 1495
- Sermon 38 – 9 avril 1495
- Sermon 39 – 12 avril 1495
- Sermon 40 – 13 avril 1495
- Sermon 41 – 14 avril 1495
- Sermon 42 – 15 avril 1495
- Sermon 43 – 17 avril 1495
- Sermon 44 – 19 avril 1495
- Sermon 45 – 20 avril 1495
- Sermon 46 – 21 avril 1495
- Sermon 47 – 24 avril 1495