SavonarOnline
Édition numérique annotée et commentée des sermons de Jérôme Savonarole
En cours de réalisation
gravure de Jérôme Savonarole
École florentine, Portrait de Savonarole en médaille, XVe siècle, Museo del Bargello, Florence.
I, Sailko, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
 

Selon la définition de Beverly Mayne Kienzle, le sermon est un « discours oral, prononcé par un prédicateur qui s’adresse à un auditoire pour l’instruire et l’exhorter sur un sujet concernant foi et morale et qui est fondé sur un texte sacré ». Chaque sermon étant un événement unique et à la durée circonscrite - Savonarole ne voulait pas parler pendant plus de deux heures et demie -, le prédicateur doit être d’autant plus efficace pour obtenir la conversion de ses fidèles.

En l’absence d’enregistrements sonores des sermons, nous perdons la connaissance d’une partie des moyens que le prédicateur a mis en œuvre pour convaincre. Le ton de sa voix et ses gestes de même que la façon dont son sermon a été reçu sont perdus, sauf dans les cas où nous disposons de témoignages des contemporains. En définitive, seules les reportations, c’est-à-dire les textes établis à partir des notes prises par un membre de l’auditoire grâce à un système d’abréviations, peuvent nous donner une idée de ce qu’a été la performance originelle, cette parole qu’a incarnée le prédicateur et qu’a entendue l’assemblée.

La documentation écrite dont nous disposons pour Savonarole est de nature variée et de qualité inégale. Pour les sermons qu’il a prononcés entre 1482 et 1493 ainsi qu’en 1494 pour le carême et pour l’avent, nous avons ses schémas préparatoires. Rédigées en latin (seuls les canevas élaborés pour l’Octave de la Nativité en 1483 sont en langue vulgaire), ces notes lui servaient d’aide-mémoire pour improviser une fois qu’il était devant ses fidèles. Il les complétait parfois d’apostilles commentant sa propre prestation en chaire. Constituées d’indications généralement sommaires, lacunaires ou fragmentaires, ces traces écrites sont difficiles à exploiter.

Les textes des sermons publiés sur ce site résultent en revanche de notes prises, pour la plupart, sur le vif, par un auditeur assidu de Savonarole : le notaire Lorenzo Violi.

S’il a attentivement écouté les sermons sur les Psaumes prononcés les jours de fête entre avril et octobre 1495, Violi s’est limité, de son propre aveu, à en restituer « brièvement » la « substance », sans se plier à une prise de notes littérale qui aurait aussi rendu compte de l’ornement du discours. Autrement dit, les informations dont nous bénéficions concernent principalement la structure et les arguments de ces sermons. Mais le notaire a « fidèlement » reporté « mot à mot » le contenu des sermons sur Amos et Zacharie (février-avril 1496) et sur Ruth et Michée (mai-novembre 1496), compte rendu que Savonarole a relu et approuvé. Nous pouvons dès lors avoir une idée plus précise non seulement du contenu du discours savonarolien, mais aussi de la façon dont le dominicain se comportait lorsqu’il était en chaire. Violi raconte aussi comment, occupé par la publication des sermons sur Amos et sur Ruth, il s’est contenté d’une prise de notes rapide pour les sermons sur Ézéchiel (mars-avril 1497). En revanche, il a intégralement transcrit le dernier cycle de sermons sur l’Exode (février-mars 1498). Cette expérience de sermons « recueillis sur le vif » lui a ensuite donné les compétences nécessaires pour étoffer les schémas latins autographes des sermons sur Aggée (novembre-décembre 1494) et sur Job (mars-avril 1495).

Le lecteur trouvera des indications complémentaires en introduction de chaque cycle de sermons annotés.