SavonarOnline
Édition numérique annotée et commentée des sermons de Jérôme Savonarole
En cours de réalisation
gravure de Jérôme Savonarole
École florentine, Portrait de Savonarole en médaille, XVe siècle, Museo del Bargello, Florence.
I, Sailko, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Prediche sopra l'Esodo.

Edizione nazionale delle opere di Girolamo Savonarola, Roma, Angelo Belardetti Editore


Présentation


Le contexte

Savonarole a prononcé son dernier sermon sur Ézéchiel le 4 mai 1497, le jour de l’Ascension. Pourtant, la veille, la Seigneurie dirigée par Piero degli Alberti lui avait interdit de prêcher, sa prédication devenant source de désordre. La Seigneurie avait en effet été confrontée à une vague de protestations lorsqu’elle avait annoncé son intention d’assouplir la réforme morale de la cité. En signe de bonne volonté vis-à-vis des partisans du dominicain, elle avait donc donné à Savonarole l’autorisation de prêcher le 4 mai. Le prédicateur a dû toutefois affronter les manifestations hostiles de ses opposants : Jacopo Nardi, par exemple, raconte que la charogne d’un âne mort avait été déposée sur la chaire avant le début du sermon.

Quelques jours plus tard, le 13 mai, le pape Alexandre VI excommunie le prédicateur en raison du refus de ce dernier d’unir le couvent San Marco à la congrégation tosco-romaine ; le bref ne parvient à Florence que le 18 juin. Alors que le couvent est en quarantaine pendant une épidémie de peste qui sévit entre juin et août, cinq Florentins sont condamnés à mort le 17 août pour avoir comploté avec Pierre de Médicis ; ils font appel de la sentence auprès du Grand Conseil, comme la loi du 19 mars 1495 les y autorise, mais une assemblée (pratica) leur refuse cette possibilité le 21 août. Alors même que Savonarole avait préconisé et défendu cette loi des « six fèves », en particulier dans les sermons sur les Psaumes, il n’intervient pas en faveur des condamnés et son plus proche partisan, Francesco Valori, pèse lourdement dans la décision de refuser le recours à l’appel. Machiavel évoquera d’ailleurs cet épisode dans le chapitre I, 45 de ses Discorsi pour illustrer que « c’est un mauvais exemple de ne pas observer une loi déjà faite, surtout de la part de son auteur ». Ce sont ensuite des Seigneuries favorables à Savonarole qui sont élues. Si elles ne parviennent pas à faire lever l’excommunication, celle qui dirige Florence en janvier-février 1498 l’incite à remonter en chaire. Dans la mesure où le dominicain recommence à prêcher dès le 11 février alors que le carême commence le 28, on peut penser qu’il prend la parole à un moment où ses sermons peuvent influencer l’élection de la nouvelle Seigneurie ; la politique prendrait alors le pas sur la liturgie.

C’est donc après une longue période de silence forcé et dans une cité déchirée entre ses partisans et ses adversaires que Savonarole prononcera ses tout derniers sermons, les 11, 18, 25 et 28 février 1498, puis tous les jours entre le 1er et le 18 mars de la même année.

L’hostilité de Rome grandit. Le 26 février, Alexandre VI envoie deux brefs au chapitre de la cathédrale et à la Seigneurie pour menacer Florence d’interdit si Savonarole ne lui est pas livré à Rome. Une Seigneurie opposée au prédicateur et dirigée par Piero Popoleschi est élue en mars-avril. Au début, les pratiche (assemblées de citoyens) sont encore globalement favorables à Savonarole, mais le 17 mars, tandis que le pape a prononcé l’interdit contre Florence, arrêté les marchands florentins résidant à Rome et confisqué leurs biens, une pratica restreinte demande au dominicain de suspendre ses sermons : il monte en chaire pour la dernière fois le 18 mars 1498.

Transmission des sermons et tradition éditoriale

Comme pour les sermons sur Amos et Zaccharie d’une part et sur Ruth et Michée d’autre part, le notaire Lorenzo Violi a pris des notes très complètes alors que Savonarole prêchait. Ainsi dit-il de lui-même à propos de ce cycle qu’« il l’a écrit ensuite entièrement puisqu’il n’était alors pas occupé par une autre tâche » (Lorenzo Violi, Le Giornate, Gian Carlo Garfagnini (éd.), Florence, Leo S. Olschki, 1986, p. 37-38). Violi fait allusion ici au cycle de sermons sur Ézéchiel qu’il avait saisi seulement « en substance » parce qu’il était accaparé par la publication des sermons sur Amos et sur Ruth (sur lesquels nous renvoyons à la présentation faite sur ce site). Les sermons des 11, 18, 25 février et des 17 et 18 mars ont été immédiatement publiés, mais ce n’est qu’entre 1505 et 1508 que le cycle a paru dans son intégralité, à Florence, chez Antonio Tubini et Domenico Ghirlandi.

Nous suivons ici le texte établi et publié en 1955 et 1956 par Pier Giorgio Ricci qui décrit son travail philologique dans le deuxième volume de l’édition papier à laquelle nous renvoyons.

Signification du texte biblique commenté par Savonarole

L’assemblée qui écoute ce dernier cycle de sermons est moins fournie qu’auparavant, certains Florentins étant réticents à venir écouter un prédicateur excommunié. Savonarole consacre d’ailleurs l’essentiel de son temps à bâtir un auto-plaidoyer, se préoccupant finalement désormais autant, sinon plus, de son propre sort que de celui de Florence – ce qui peut expliquer, au moins en partie, son échec final.

Quoi qu’il en soit, le livre de l’Exode qui raconte la fuite d’Égypte des Israélites vers la Terre promise, sous la houlette d’un homme choisi par Dieu – Moïse à qui Savonarole s’identifie souvent – correspond à ce que le dominicain veut répéter aux Florentins : ils doivent surmonter les tribulations pour bénéficier des récompenses, terrestres et célestes, que Dieu a promises et dont il s’est fait l’écho. Il développe à ce propos une analogie historique entre les Israélites d’Égypte et les Florentins : les mauvais religieux et les mauvais citoyens persécutent les bons Florentins tout comme les Égyptiens persécutaient les Juifs, le pape se conduit comme Pharaon et lui-même est comme Moïse qui défend son peuple et intercède auprès de Dieu pour renouer l’Alliance.

Volume 1, A cura di Pier Giorgi Ricci - 1955

  • Sermon 1 – 11 février 1498
  • Sermon 2 – 18 février 1498
  • Sermon 3 – 25 février 1498
  • Sermon 4 – 28 février 1498
  • Sermon 5 – 1er mars 1498
  • Sermon 6 – 2 mars 1498
  • Sermon 7 – 3 mars 1498
  • Sermon 8 – 4 mars 1498
  • Sermon 9 – 5 mars 1498
  • Sermon 10 – 6 mars 1498
  • Sermon 11 – 7 mars 1498

Volume 2, A cura di Pier Giorgi Ricci - 1956

  • Sermon 12 – 9 mars 1498
  • Sermon 14 – 10 mars 1498
  • Sermon 15 – 11 mars 1498
  • Sermon 16 – 12 mars 1498
  • Sermon 17 – 13 mars 1498
  • Sermon 18 – 14 mars 1498
  • Sermon 19 – 15 mars 1498
  • Sermon 20 – 16 mars 1498
  • Sermon 21 – 17 mars 1498
  • Sermon 22 – 18 mars 1498